Au sommet d'une montagne qui domine Pretin, s'élevait, à l'époque romaine, un castel protecteur des salines de Salins, connu sous le nom de Castrum suprà salinas, Castrum suprà salinum, Castrum salinense, Castrum salinarum, Castellum suprà salinas. De ce point, on pouvait embrasser du regard les plaines de la Saône, les montagnes du Doubs, les divers gradins du Jura et jusqu'au Mont-Blanc. Le sommet et les pentes du rocher sont encore jonchés de tuileaux à rebords, de débris de murs et d'ossements humains. C'est au milieu de ces ruines que des religieux bénédictins vinrent fonder une abbaye sous l'invocation de Notre-Dame. La date de son érection, le nom de son fondateur, les causes de sa dépendance envers Gigny sont encore des problèmes. Les uns font honneur de sa fondation au célèbre Gérard de Roussillon (820 à 870); d'autres à Bozon, roi de Bourgogne (879 à 887) ; d'autres encore à Bernon, fondateur, en 894 de l'abbaye de Gigny et premier abbé de Cluny, ou enfin à Rodolphe III, roi de la Bourgogne transjurane (893 à 1032). Toutes ces opinions ne reposent que sur de vagues conjectures. Ce qui parait certain, c'est que sa riche dotation et les droits honorifiques qui y étaient attachés ne pouvaient émaner que des largesses d'un souverain. Avant le XIIème siècle, les chartes gardent le silence le plus complet sur cet établissement. Un titre de l'an 1160, cité par Dunod, serait le premier qui révélerait son existence, et nous le montrerait alors gouverné par un prieur du nom de Guy ou Guido, et habité par sept autres religieux désignés sous le nom de monachi herienses. Dans le siècle suivant, ce prieuré devient l'objet des faveurs des plus grands seigneurs du pays. Les religieux de Château avaient la justice haute, moyenne et basse sur le village de Pretin, et la faisaient exercer par un bailli, un juge châtelain, un procureur et un scribe, qui tenaient leurs audiences quand bon leur semblait. La comtesse Mahaut prit, en 1320, les habitants sous sa garde moyennant une redevance annuelle de vingt livres de cire. Les sujets étaient mainmortables; ils devaient trois corvées par an, des tailles en argent et une poule par feu. Ceux qui avaient des mulets ou autres bêtes de charge étaient tenus de faire un voyage à Mouchard ou dans un autre vignoble du prieuré, pour amener les vendanges des religieux à leur grange de Cautaine. Le 18 avril 1790, les scellés furent apposés sur les meubles du prieuré. Ild'y avait plus alors dans cette maison que quatre religieux et un prieur. l'église, les cloîtres, avec les grangeages, les jardins en terrasses et le clos qui en dépendaient, d'une surface de 13 hectares, furent vendus le 22 juin 1794 moyennant 61,500 francs en assignats. Tout fut démoli peu de temps après. Les cloîtres occupaient un carré d'environ 80m et étaient assez vastes pour loger quinze religieux. Il n en reste que deux immenses caves sur les voûtes desquelles passe actuellement la charrue. l'église était à trois nefs et du style roman. l'autel principal était dédié à la Vierge, et ceux des deux collatéraux à saint Etienne et à saint Taurin. On voit encore, un peu au-dessus des fondations, les restes des murs et une partie de deux fenêtres du choeur. Pretin fut plusieurs fois ravagé par la peste. C'était le lieu de passage des suspects à qui les portes de la ville de Salins étaient fermées. Au mois de juin 1639, Villeroy y passa et repassa deux fois dans une même nuit avec l'armée qu'il amenait pour surprendre Salins, armée qui fut elle-même surprise. Les troupes suisses, allemandes, espagnoles et italiennes ont été communément obligées de prendre cette route, surtout lorsque le corps était nombreux, les habitants de Salins leur refusant l'entrée dans la crainte qu'on ne s'emparât de leur ville. En 1815, M. de Bancenel, maire de Salins, y fit passer plus de 18,000 Autrichiens. Les habitants affirment qu'autrefois leur village était fortifié et que l'entrée du vallon était défendue par une porte dite de Vallère. Depuis fort longtemps, le village a acquis une solide réputation dans l'élevage des ânes, qui disait-on, étaient plus avisés qu'ailleurs. l'une de leurs qualités évidentes a été déjà de porter sur leur dos, à 630 m d'altitude, les moines de l'Abbaye bénédictine de Château-sur-Salins. Ce monastère aurait vu sa construction débuter au 9ème siècle par le moine Saint-Bernon. À la fin du XVIIIème siècle, une sorte d'élan intellectuel donna naissance à une société originale portant le nom d'Académie des Ânes de Pretin. Elle avait des statuts, ses questions drolatiques, ses brevets imprimés sur peau d'âne (des fac-similés imprimés sont conservés à la bibliothèque de Salins les Bains). Source : Wikipédia & La route des communes

Pretin010

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