Varessia a été le centre d’une Commanderie de Franche Comté doté d’un hôpital tenu par les frères de Saint-Jean de Jérusalem. Il convient tout d’abord de préciser le sens du mot « hôpital » qui vient du latin hospitalium. C’est un lieu où l’on reçoit les voyageurs et aussi les malades. Du XIIIème au XVIème siècle, voilà ce que signifiait le mot « hôpital ». C’est avant tout une auberge, Varessia se trouve d’ailleurs sur la vieille voie romaine Turin-Besançon. L’ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem est un ordre à demi religieux et à demi militaire, institué au temps des Croisades, pour protéger les pèlerins de Terre Sainte contre les musulmans, contre l’ordre des Templiers, fondé en 1118. Une fois les Croisades terminées et la paix revenue, les frères rentrés en France fondèrent des hôpitaux, d’abord pour les anciens croisés, puis pour tout le monde. En France, la maison-mère était Lyon. Les maisons les plus importantes en Franche-Comté étaient Besançon et Arbois. La fondation de Varessia dépendait d’Arbois. Une partie des richesses des Templiers semble avoir été dévolue, après la dissolution de l’ordre de 1312, à l’ordre de Saint Jean de Jérusalem. Le Frère Guillaume de Vanuel en 1377 et le Frère Claude de Vanuel furent tous deux commandeurs de Varessia, maîtres et gouverneurs de la maison Saint Jean d’Arbois. Varessia se trouvait sur la route de Saint Laurent la Roche à Orgelet et Moirans, pour aboutir à Saint Claude, centre de pèlerinage important. L’hôpital était surtout une auberge pour les pèlerins, un hospice pour les vieillards de la région et un hôpital pour les malades. En 1340, il fonctionne encore, mais en 1370, il ne s’agit plus que de l’ancien hôpital, on parle de lui comme du passé. Dès la fin du XVIème siècle, faute d’entretien, les bâtiments tombent en ruine. Cependant jusqu’au XVIIème siècle, le Commandeur de l’ancien hôpital garde le titre et la charge de seigneur de Varessia, Chatagna, Arthenas, Essia et autres lieux. Aux XVIème et XVIIème siècles, il réside le plus souvent au château fort de Saint Laurent la Roche et néglige même de nommer un chapelain. Le village fut brûlé avec tout ce qui restait de la Commanderie en 1637, au cours de la guerre de dix ans, lors du siège de Saint Laurent la Roche. Cependant au XVIIIème siècle, la Commanderie continue à percevoir les redevances seigneuriales, mais ce n’est pas sans difficultés. C’est ainsi que le 9 mai 1733, il est rappelé aux habitants de Chatagna qu’ils sont sujets à la corvée mainmortable de la Commanderie de Varessia. D’autre part, les procès nous parlent des redevances exigées, ce qui nous permet de voir que la culture à Varessia se constituait surtout en froment, avoine, orge et sarrasin. On y pratiquait l’élevage des vaches, moutons, chèvres et poules. Il y avait beaucoup de prés et de bois. La nourriture restait cependant frugale. Fait curieux, il y avait de la vigne à Varessia, Rothonay, Moutonne, où un lieu-dit s’appelle encore « La Vigne », alors qu’il n’y a plus maintenant que quelques rares treilles. Pour terminer, on constate que la période de décadence est bien plus longue que celle de ferveur religieuse, puisque l’hôpital ne fonctionnera que de 1199 à 1369, puis les moines disparaissent et il n’y a plus de vie conventuelle. Cet ordre militaire a perdu rapidement son caractère religieux pour ne conserver que son caractère seigneurial. De nombreuses années s’écoulent entre la mort d’un chapelain et l’installation d’un autre. Aucun Curé n’ose s’occuper de Varessia, par crainte de fâcher le Commandeur. Ce n’est pas une paroisse. Il n’y a la messe qu’une fois par an à la Chapelle, pour la Fête paroissiale de Sainte Marie Madeleine : la messe est dite par le curé de Rothonay qui doit s’occuper aussi de Moutonne et de Reithouse. Il ne faut donc pas s’étonner du peu de vie religieuse des habitants de Varessia. Source : www.lachailleuse.fr/.../la-chapelle-hospitaliers-varessia

Varessia

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